La démocratie s’applique avec un peuple impliqué

En 2011, le peuple islandais refuse par référendum de sauver les banques qui ont tellement endetté le pays que celui-ci est en situation de faillite nationale. Retour sur cet extraordinaire scandale passé sous silence.

L’Islande est une île minuscule de 320 000 habitants, touchée de plein fouet par la crise économique de 2008. Les trois banques principales ont plongé le pays dans une dette représentant 923% du PIB ! Elles sont placées sous administration judiciaire, la Bourse et la monnaie s’effondrent, le pays se déclare officiellement en faillite. Pour se rendre compte du déficit, le PIB de l’Islande en 2008 est de 17,6 milliards USD. 923% de ce PIB représente… 162,5 milliards USD ! Pour la population, cette corruption irresponsable est une honte. Et dés ce jour, les citoyens décident de prendre le pouvoir. Des manifestations se tiennent tous les jours sous le drapeau de « la Voix du Peuple » avec des ustensiles bruyants de cuisine : c’est « la révolution des casseroles ».

Le gouvernement est courageusement renversé mais l’assainissement est loin d’être fait ! Le système social doit être repensé dans ses propres fondations à savoir : la constitution. Hors de question que celle-ci soit ré-écrite par la classe politique : c’est désormais le peuple pour le peuple. Le nouveau conseil constitutionnel, composé de personnes issues du civil, a ainsi posé une première pierre à la nouvelle constitution : un site web, ouvert à tous, où chacun peut s’impliquer dans les décisions du conseil. Lorsqu’un nouveau projet de loi est en discussion, son article est diffusé sur les réseaux sociaux afin de faire participer l’ensemble de la communauté. En ouvrant le débat de cette manière, le principe de démocratie est beaucoup mieux respecté. On parle alors de E-constitution et de Crowdsourcing : la production participative ou l’externalisation ouverte est l’utilisation de la créativité, de l’intelligence et du savoir-faire d’un grand nombre de personnes pour réaliser certaines tâches traditionnellement effectuées par un employé ou un entrepreneur (Wikipédia).

Même si ce sytème populiste remporte un franc succès en Islande, nous retrouvons malheureusement une implication faible des citoyens. Beaucoup s’intéressent mais ne participent pas. Et Facebook n’a pas réussi à rendre la chose plus sexy… Ne nous démoralisons pas ! Si la politique doit être un devoir : ses enjeux doivent être inculqués dés le plus jeune âge à l’école. Pour la petite part des citoyens qui discutent en ligne sur les projets de loi, certaines idées « révolutionnaires » mettent à mal – bien entendu – les lobbies. Par exemple : la reconnaissance des droits fondamentaux de la nature pour un arrêt immédiat de son exploitation outrancière. Les ressources naturelles doivent-elles appartenir au peuple, à l’état, aux grandes entreprises ou aux citoyens les plus riches ?