La Génération Y bouscule la conscience collective

La génération Y désigne toutes les personnes nées entre le début des années 1980 et le milieu des années 1990. On l’appelle aussi la génération « pourquoi » car l’avènement du web dans les années 2000 en a fait des natifs du digital qui s’informent en quête de vérités et demandent des comptes.

Les enfants de la génération Y ont grandi avec l’ordinateur, le smartphone, les jeux vidéos, et bien-sûr Internet. Inutile de leur expliquer le streaming, les applications ou Facebook. L’explosion des NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication) et l’accélération du changement ces dernières années ont clairement participé au fossé générationnel où l’église, la politique, la famille sont moins influents que ne l’est Google. Là où les générations précédentes W (baby boomers) et X assistaient aux progrès constants, les jeunes d’aujourd’hui sont naturellement à l’aise avec le progrès et cela va de soit. En connexion directe avec une mutation sociétale très forte, cette e-génération veut savoir, comprendre, revendiquer. L’accès directe à l’information lui donne un pouvoir tellement immense qu’il y aurait 3 millions de créations de blogs personnels chaque mois dans le monde. Bien entendu, les Y ne sont pas les seuls à ouvrir des blogs. Mais ce chiffre témoigne d’une réelle consommation digitale de l’information pour l’interpréter et la transformer sur son propre média.

Aux yeux des recruteurs et des dirigeants d’entreprise, la génération Y affiche un façonnement psychique complexe et fait couler beaucoup d’encre à ce sujet. Auparavant, le travail faisait parti des finalités de la vie au même titre que le mariage et le patrimoine. Aujourd’hui, nombreux sont les trentenaires qui tel un boomerang retournent chez leurs parents pour essuyer un échec revendiqué. Rappelons qu’il y a en France 2,8 millions de chômeurs et que les jeunes représentent plus de 24%. Rappelons également que la France est pointée du doigt par l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économique) comme étant l’un des Pays les plus inégalitaires du monde. Et ce, jusque sur les bancs de l’école publique. La génération Y serait-elle ainsi animée d’une mission ? Conscience collective, populisme, alternatives, désobéissance civile : les leitmotivs sur Facebook ou YouTube sont forts. Les mouvements d’indignés en Espagne, Grèce, Islande, États-unis (…) sont d’ailleurs de plus en plus nombreux avec parfois plusieurs milliers de personnes rassemblées dans les rues grâce aux réseaux sociaux. La vidéo ci-dessous rassemble Grand Corps Malade et Richard Bohringer dans un appel à l’espoir pour l’avenir des indignés : « Course contre la honte ».

« Eh Tonton, est-ce que t’as regardé dehors?
Sur l’avenir de nos enfants il pleut de plus en plus fort
Quand je pense à eux pourtant, j’aimerais chanter un autre thème
Mais je suis plus trop serein, je fais pas confiance au système
Ce système fait des enfants mais il les laisse sur le chemin
Et il oublie que s’il existe, c’est pour gérer des êtres humains
On avance tous tête baissée sans se soucier du plan final
Ce système entasse des gosses et il les regarde crever la dalle
Tonton on est du bon côté mais ce qu’on voit, on ne peut le nier
J’ai grandi au milieu de ceux que le système a oubliés
On vit sur le même sol mais les fins de mois n’ont pas le même parfum
Et chaque année monte un peu plus la rumeur des crève-la-faim
Le système a décidé qu’y avait pas de place pour tout le monde
Tonton, t’as entendu les cris dehors, c’est bien notre futur qui gronde
Le système s’est retourné contre l’homme, perdu dans ses ambitions
L’égalité est en travaux et y’a beaucoup trop de déviations
Eh Tonton, on va faire comment?
Dis-moi Tonton, on va faire comment? »