L’école Montessori, une alternative de premier choix

Au début des années 1900, la femme médecin et pédagogue italienne Maria Montessori développe une méthode pédagogique inédite, qui lui vaut une notoriété mondiale jusque sur le dernier billet de 1000 lires italiennes.

Issue d’une famille bourgeoise et promise à une carrière d’enseignante grâce à ses facultés en mathématiques, Maria Montessori devient à 26 ans l’une des premières femmes diplômées de médecine en Italie. Sa première expérience en clinique psychiatrique auprès de jeunes mentalement déficients, ancre définitivement en elle la certitude que les enfants ont besoin de se connecter aux objets avec leurs mains pour développer leur intelligence. Elle s’intéresse alors aux recherches du médecin Jean Itard, inventeur de l’otorhinolaryngologie (ORL) qui travaille avec les sourds-muets ; et du pédagogue Édouard Séguin qui travaille auprès d’enfants dits idiots. Elle traduit à la main les recherches de ses deux mentors et les présente en Congrès jusqu’à Rome et Paris. Elle conclue que « le problème du déficient n’est pas d’ordre médical » et décide de créer une école d’orthophrénie (art de bien diriger les facultés intellectuelles de jeunes sujets atteints de troubles mentaux partiellement améliorables).

La méthode Montessori arrive à maturité en 1906 lorsque Maria Montessori associe les enfants déficients à des enfants dits normaux. Avec le principe fort « d’observer et de ne pas juger » inculqué aux enseignants, elle prouve que les déficients réussissent mieux en étant avec les normaux. Elle entreprend enfin des études de psychologie et de philosophie en 1907 pour créer la première Maison des enfants issue de l’officielle méthode Montessori dans un quartier populaire de Rome. Cette école expérimentale donne lieu à partir de 1913 à de multiples voyages pour effectuer des conférences et organiser des stages de formation partout dans le monde. En 1929 elle fonde l’association Montessori international pour préserver et propager ses principes pédagogiques. En 1936, l’Italie fasciste ferme toutes les écoles Montessori et elle s’exile en Espagne. Les écoles sont malheureusement fermées à leur tour avec l’arrivée de Franco. Il faut attendre la seconde guerre mondiale et un exil définitif aux Pays-Bas pour que Maria Montessori achève son œuvre jusqu’en 1982.

Aujourd’hui, 22 000 écoles Montessori existent sur tous les continents. Cette pédagogie connaît un tel succès car elle repose sur l’éducation sensorielle et kinesthésique (qui concerne la sensation de mouvement des parties du corps) de l’enfant. Le matériel sensoriel de l’école est donc scientifiquement conçu pour développer les organes des sens. On y respecte par corrélation les périodes sensibles jusqu’à 6 ans car chaque enfant est unique et construit ses propres facultés motrices et intellectuelles à cet âge. L’autonomie est le maître mot pour conquérir naturellement l’environnement et forger l’apprentissage en profondeur. Les enfants sont en permanence dans la spontanéité et la liberté d’action sous l’œil observateur de l’enseignant. S’ils ont besoin d’aide pour comprendre un atelier ou effectuer une tâche, c’est encore à eux, volontairement, de solliciter l’adulte. Enfin, les activités qui paraissent « aller de soi » comme plier, couper, verser, porter sont mises en pratique tous les jours pour fluidifier les gestes de la vie courante. Les enfants apprennent donc à mettre la table, arroser les fleurs, lessiver les pinceaux et même faire du pain ! Ce capital d’autonomie naturelle doit par la suite permettre de faciliter l’apprentissage du français, des mathématiques, des langues, etc.