Le Savoir des plantes sauvages au détriment du gavage humain

« Le druide est un personnage très important de la société celtique, au point qu’il est à la fois ministre du culte, théologien, philosophe, gardien du Savoir et de la Sagesse (Wikipedia). » C’est en ce sens que je souhaite rendre hommage à la cueilleuse de nature Pascale Ferrari, qui détient le savoir inestimable des plantes sauvages et qui le transmet généreusement lors de ses excursions en montagne.

L’histoire commence sur le marché d’Argelès-Gazost dans les Hautes Pyrénées (65), où une camionnette attire l’attention : Ferme des Cascades à Sazos près de Luz-Saint-Sauveur, excursion dès 14h et cueillette en montagne jusqu’au refuge des Bergers à 1000m d’altitude, cuisine des plantes au feu de cheminée, accompagnées d’une fondue pyrénéenne et d’un plateau de fromages issus de la Ferme, redescente vers 22h. Expérience 100% végétale assurée, mais également très humaine grâce à la cueilleuse Pascale, à l’éleveur Jean Michel et aux bergers intérimaires en woofing. Au gré de notre balade aux portes incroyables du cirque de Gavarnie, nous avons ainsi goûté et cueilli les fleurs, les plantes et les éléments naturels offerts par les arbres, les murs, les bords de rivières ! Tels des cueilleurs du Paléolithique, nous sommes retournés à l’âge de pierre où notre part de sauvage a rejailli, en toute connexion avec la puissante Dame Nature. Et qui n’a jamais entendu dire : ne mets pas ça dans ta bouche, c’est peut être du poison ! L’industrie aurait-elle tenter de couper les hommes de leur lien spirituel le plus fort avec l’environnement nourricier ? Les plantes envoient des signes lorsqu’elles sont dangereuses. A nous de les expérimenter en direct pour enrichir notre carte mémoire. Après un pesto d’orties et d’ail des ours, une compote aux tiges de rumex, des samoussas au lichen et des nems aux fleurs, je peux ici affirmer que les dernières décennies consacrées au progrès, nous ont sérieusement détourné de notre spiritualité naturelle où cueillir en milieu sauvage devrait être inscrit dans les droits (ou devoirs ?) fondamentaux de l’homme.
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Pour Pascale Ferrari, c’est une question de survie mentale. L’excès omniprésent de notre système est si fort qu’elle décida très jeune de se nourrir sans argent : un droit humain finalement inné mais si marchandé malheureusement. Elle lit donc la nature comme un livre ouvert et « fait les poubelles » dans les supermarchés quand ses enfants veulent varier avec du riz ou des pattes… ce qu’elle définit comme étant une passerelle vers le sauvage et qui sert à se rassurer car tout le monde s’y approvisionne. Toujours outillée d’une coquille saint jacques ou très simplement de ses mains, elle cherche à se contenter d’un bonheur simple et authentique. Cette quête de liberté extrême est une forme de résistance. Comme elle le dit, la consommation est une version archaïque de la cueillette car on veut toujours ramener quelque chose au foyer. Aujourd’hui, les consommateurs se trompent car ils cueillent toujours plus d’argent pour ramener n’importe quoi. La cueillette c’est pour manger ! Et c’est alors que le mot sauvage renvoie à la résistance alors qu’il n’y a rien de plus authentique. Elle se définit comme « un piéton de l’air » ou un « chacal » qui n’hésite pas à cueillir aux abords des habitations. « Les plantes m’aident à vivre » dit-elle, dans un refuge en montagne sans électricité et sans accès par route. En vous offrant un café de glants avec une odeur d’humus, elle est une aventure à elle seule, un mélange de sorcière et de bonne fée qui n’aime pas les définitions et reste en marge, un druide à l’état pur qui nous donne l’envie d’être plus sage et philosophe. Pascale : merci d’être. Tout simplement.

Rencontre avec Philippe Gougler de Planète Thalassa où Pascale Ferrari nous invite au voyage dans sa vision du monde : http://www.cueilleusedenature.fr/208365277